Un schéma criminel simplissime rempli d'incohérences : présenté aux jurés populaires par l’Avocat de la Partie Civile, il est repris par l’Accusation.
Premier argument : le cadavre a été trouvé sur le rocher de Kanuméra, le rocher dont ils ont tenté d'interdire l'accès : leur rocher ! Il est dans leur salon ! (sic)
Faut-il le préciser? : il y a 150 mètres entre le " rocher-salon " situé au bout de la baie, et la maison des Konhu construite à l’ombre des arbres au milieu de la plage.
Et l’on continue : comme le rocher est " interdit au public " par le clan, eux seuls ont pu y conduire Mika ! Allons donc ! Que de nombreux témoins aient affirmé à la barre, être montés sur le rocher, une fois ou plusieurs fois, sans permission et sans crainte des interdictions placardées, l’accusation n’en a cure !
Et si le corps gît là, tout près du sentier, pas même jeté dans le trou avec les effets de Mika, pas même dissimulé sous des branchages ou recouvert de sable pour éviter les mouches et les odeurs, s'il n'a pas été jeté à la mer discrètement par ces marins kuniés qui n'ont pas besoin de lumière pour naviguer dans le lagon, c’est parce que le coupable-désigné d’avance a la certitude qu’il ne peut pas y être découvert !
Et ce n'est pas fini ! Tranquille sur son rocher, Antoine ne craint pas que le corps soit découvert ! Pourtant, le voilà qui organise un bûcher pour le faire disparaître ! Le corps a en effet été retrouvé carbonisé sur toute la partie antérieure et les experts affirment qu'a été utilisé un activateur de feu ou un produit ménager courant. Il y a des produits semblables dans la cabane sur le rocher, comme sur le chantier de l’Oure Lodge d’ailleurs. Alors, est affirmé, toujours bien entendu sans le début d’une preuve, que c’est le produit d’Antoine qui a servi ! Et pour faire bonne mesure, on ajoute que c’est lui et personne d’autre qui l’a utilisé !
Brûler le corps face à la côte ! Pour le faire disparaître ! En toute discrétion !
Face à la baie de Kanuméra et à tous les touristes en week-end, là-haut, bien en vue sur le rocher au cours de ce pont -viaduc du premier mai et alors qu’il y a tant et tant de touristes en vacances !
Comment ne pas admettre l'évidence ? Si les mains de la jeune femme, jusqu'à ses ongles, et toute la face antérieure de son corps sont carbonisées c’est qu’on a voulu faire disparaître la moindre trace organique. L’activateur de feu a servi à faire disparaître toute trace d'ADN.
Et les cailloux autour du foyer ?
Tour à tour, on nous affirme qu’ils auraient servi de pare-feu : c’est la version « bûcher », puis de rituel sacrificiel, c’est la nouvelle version : Antoine devient « l’illuminé qui fait des sacrifices » à l’endroit visible de toute l’île ou presque et l’on raconte aux jurés des fables sur le rocher tabou et le temps de la « bande à Dydime » !
Que l’avocat de la partie civile joue ces cartes successives, on ne peut s’en étonner, mais que le Ministère Public reprenne cette fiction dans son réquisitoire, en lui donnant ainsi plus de poids aux yeux des jurés, n’est-ce pas l’un des dysfonctionnements majeurs apparus dans le procès de décembre 2007 ?