Cent ans en arrière: l'affaire Dreyfus

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Cent ans en arrière: l'affaire Dreyfus

Cent ans en arrière, l’erreur judiciaire de l’affaire Dreyfus a signé la naissance de la Ligue des droits de l’homme et du citoyen.
L’erreur judiciaire à l’égard d’un des plus célèbres condamnés de l’histoire a été démontrée, et son innocence finalement proclamée. L’exigence de respect des droits de l’homme et du citoyen a fait son chemin en dépit de tout dans nombre de pays, singulièrement au cours des cinquante dernières années, après la création de l’ONU. La Ligue des droits de l’homme et du citoyen a toujours compté la justice et la vérité parmi ses valeurs et ses objectifs les plus élevés. Quand un édifice - l’enquête, l’instruction, le procès- est construit sur du sable-il finit généralement par s’effondrer. Tel n’a pas été le cas le 12 décembre 2007 dans l’enceinte du palais de justice de Nouméa. Respectueuse de « l’autorité de la chose jugée », la Ligue des droits de l’homme et du citoyen a tenu à rester mesurée dans son propos. Après la décision condamnant Antoine Kohnu, elle n’a jamais, pas plus que son avocat, mis en cause le rôle, la capacité ou la sincérité du jury populaire. La Ligue des droits de l’homme et du citoyen a pris acte à regret de ce que le procès en appel aura à nouveau lieu à Nouméa et sera d’autant plus vigilante sur son déroulement.

Avec de nombreux autres citoyens,  la LDH-NC a constaté que le principe du doute n’a bénéficié qu’à un seul des deux accusés jetés cinq ans et demi durant, à la vindicte publique. Les deux frères resteront marqués leur vie durant. Des carences, des lacunes, des maladresses, des retards, des hypothèses plausibles écartées jusqu’ici, des pistes inexplorées lors de l’enquête et de l’instruction sont aujourd’hui payées au prix fort par Antoine Kohnu. Sa famille et son clan sont atteints. Même innocenté, Ambroise n’a pas été épargné. Trop d’interrogations demeurent. Pour les frères Kohnu, pour la famille de Mika Kusama,  et pour les Kunié dont beaucoup craignent de nouveaux drames survenant sur leur île, la justice doit se ressaisir. Ce n’est pas la première fois qu’elle connaît des dysfonctionnements. La Ligue des droits de l’homme et du citoyen développera une mobilisation sans précédent, sans confusion avec la Défense dont elle approuve la rigueur déontologique, sans confusion avec la structure de soutien aux frères Kohnu, dont elle respecte totalement l’intégrité, mais en étroite collaboration avec l’une et avec l’autre.

Et s’il s’avère impossible de recueillir les informations négligées, s’il est vain d’explorer maintenant certaines pistes qui restent largement inexplorées, reste le procès en appel et l’espoir que les magistrats s’élèvent au-dessus de la « forte proximité » entre confrères inhérente à la situation locale et que, ni eux ni les jurés populaires ne « mettent leurs pas dans les pas de ceux qui les ont précédés ».

Une justice inattaquable dans son fonctionnement,  une victime respectée dans sa mémoire, un clan qui retrouve son honneur et un homme sa liberté, tels sont les nobles enjeux du procès en appel .