
Après leur incarcération Didyme et Antoine convaincus que leur innocence éclatera après les investigations scientifiques et les prélèvements ADN envoyés à Paris attendent en vain leur mise en liberté. Dydime sera gardé durant deux mois à l’isolement.
Un comité de soutien voit le jour à l’Ile des Pins et dénonce les dysfonctionnements de l’appareil judiciaire. La Ligue des Droits de l’Homme prend le relais et à force de battement médiatique au bout de 18 mois Didyme est mis en liberté provisoire avec interdiction de séjour à l’IDP , Antoine reste incarcéré.
Le 9 décembre 2004, le juge d’instruction Vidallier rend une ordonnance de mise en accusation des frères Konhu.
Au mois de mars 2005, de nouveaux avocats entrent dans le dossier. L’affaire est inscrite au rôle de la deuxième session de la Cour d’Assises (audience du 8 août 2005) présidée par Monsieur Christian MESIERES.
Devant les incohérences flagrantes du dossier, les avocats sollicitent l’ouverture des scellés, qui aura lieu le 16 juin 2005 . On découvrira un appareil photographique saisi dans la chambre du gîte contenant une pellicule non développée, les mégots de cigarettes de marque Mild Seven: (aucune recherche ADN n’avait été effectuée), le téléphone de la victime qui n’avait pas été analysé pendant l’instruction, l’agenda complet de la victime qui n’avait pas été traduit (à part une traduction des journées du 30 avril et 1er mai)
A la suite de cela des actes complémentaires seront sollicités tant par la défense, que le Président de la Cour et le Ministère Public, et l’affaire sera renvoyée à une session ultérieure : chacune des parties admet alors que l’affaire n’est pas en état d’être jugée.
Le 30 août 2005 Antoine et Didyme sont autorisés à assister aux obsèques de leur père à l’Ile des Pins. Il n’a pas résisté au drame qui frappe sa famille : comme disent les vieux îliens des clans de la mer, on lui a pris « la tête et la queue du poisson » : son fils aîné et son plus jeune. Antoine ira menotté à l’Eglise.
Soutenus par l’action de la LDH les avocats obtiennent la liberté provisoire pour Antoine après une énième demande. Les deux frères restent toutefois interdits de séjour sur leurs terres et ont l’interdiction de se rencontrer. Ils résideront à Nouméa et à l’île Ouen sans travail, soutenus par leur famille.
Début Août 2007, Le Président MESIERES ordonne un transport sur les lieux en vue d’auditionner les témoins de l’emploi du temps des accusés avant l’inscription du procès à la session d’assises de Nov./ Déc.
Ce transport sur les lieux n’apportera pas d’éléments concrets si ce n’est que les témoins à charge en mai 2002 dans leur grande majorité se rétractent ou reviennent sur leurs déclarations. Le procès est enfin inscrit au rôle en Novembre 2007 et médiatisé comme étant « hors norme’ .
Le procès d’assises en première instance sera conclu en décembre 2007 après de longues et pénibles heures de délibération par l’acquittement de Didyme, et par la condamnation d’Antoine à quinze ans de réclusion criminelle.