
Jeudi 2 mai 2002, 8H40 du matin l’avion d’Aircal se pose sur l’Ile des Pins avec à son bord Mika Kusama. Elle arrive d’un court séjour à Ouvéa où elle est allée seule le mercredi 1er Mai Elle doit repartir pour Nouméa samedi et rentrer dimanche soir au Japon. À son arrivée à l’aéroport Mika Kusama est accueillie et conduite à son gîte vers 9H00, le relais de Kuberka par le chauffeur de la navette du gîte. Elle remplit les formalités d’usage, s’installe dans sa chambre, commande un sandwich pour le repas du midi et des escargots pour le repas du soir, et va à la plage de Kuto. Elle reviendra vers midi pour prendre son sandwich accompagné de 2 bières kronembourg au bord de la piscine. On ne la reverra plus à l’hôtel.
Le jeudi 2 mai la gérante constate son absence au repas du soir, elle contacte sans succès les autres gîtes et restaurants.
Vendredi 3 Mai au matin la gérante se rend compte que la jeune Japonaise n’est pas rentrée et signale son absence à la gendarmerie (PV rédigé), Le retour de Nouméa du Maire et grand chef Hilarion Vendegou, premier magistrat de la commune ayant autorité sur les forces de gendarmerie, est attendu dans la journée.
Samedi matin 4 Mai la brigade se rendra dans la chambre de la disparue pour que soit libérée la chambre. Des affaires personnelles et ses papiers sont saisis et placés sous scellés. (dont 3 paquets et 2 mégots de Mild Seven)
Dimanche 5 Mai des recherches terrestres sont entreprises, l’hélicoptère survole l’île. Le chef Lefèvre et deux de ses hommes fouillent à pied les trois sentiers sur le rocher de Kanuméra et passent à quelques mètres de l’endroit où sera découvert le cadavre le lendemain...
Lundi 6 Mai des recherches plus importantes sont lancées sous la direction du grand Chef qui mobilise des habitants de l’île, essentiellement du clan Kouathé, sans la brigade de gendarmerie. À 12h30 c’est Charles Kouathé qui le premier retrouve le corps calciné de Mika Kusama sur le sentier de gauche du rocher de Kanuméra. La brigade territoriale est prévenue, les gendarmes arrivent sur les lieux vers13h30. À 17h le technicien d’investigation criminelle (TIC) démarre les premiers prélèvements, il repart à la tombée du jour. La gendarmerie part sans garder le site.
Mardi 7 mai au matin un ratissage du rocher permet la découverte d’un trou profond (3,80m) situé à 50 m du lieu de découverte du corps. Des objets personnels de Mika Kusama sont sortis : serviette de plage, sac bleu, poche en plastique, une cannette de bière Kronembourg deux mégots de marque Mild Seven (de la même marque que ceux des scellés de la chambre du gîte qu’occupait Mika).
Alors que de nombreux kuniés s’y rendent, la scène présumée de crime ne sera jamais protégée du public et sera analysée en plusieurs fois sur quatre jours d’intervalle sans être gardée par la gendarmerie.
A 12h le mardi 7 Mai sans avoir été préalablement auditionné les frères Kohnu sont arrêtés de manière spectaculaire par une dizaine de gardes mobiles qui encerclent leur propriété. Didyme et Antoine, désignés coupables sont fouillés au corps, placés en garde-à-vue.
Le jeudi 9 Mai, ils sont envoyés à Nouméa et présentés au Juge d’Instruction qui les met sous mandat de dépôt.
Dans le même temps la destruction de l’escalier du rocher ainsi que les équipements qui subsistent depuis le projet bloqué en 1990 de Village des Arts : (statues, chambranles, farés) est entreprise par une trentaine de personnes du clan Kouathé. La famille Kohnu est informée du projet de destruction de leurs habitations sur la baie de Kanuméra et d’un éventuel exil.! L’information de la gendarmerie pour signifier que l’enquête n’est pas finie arrive à temps : l’escalier ne sera détruit que partiellement.
Ce n’est que le vendredi 10 Mai que les enquêteurs et le TIC reviendront sur le rocher pour y effectuer un « second ratissage ». Le procès-verbal est annoté d’une note préliminaire précisant que les lieux ont été visités et piétinés ; des fleurs ont été déposées à l’emplacement de la découverte du cadavre et aux abords de ceux-ci ; preuves que « les gens sont montés sur le rocher après notre passage » ». Deux pierres ensanglantées sont trouvées, à quelques mètres de l’emplacement du cadavre et retenues comme étant les armes du crime.
Dans l’édition du samedi 11 Mai, les Nouvelles Calédoniennes vont écrire : « Antoine et Ambroise Kohnu continuent à nier les faits’ . Dés cet instant il y a pour la population, non pas des suspects, non pas des inculpés, non pas des accusés : mais deux coupables nommément identifiés. Comment espérer recueillir des témoignages impartiaux à partir de là ?